Les Altares
Obispo (5319m) et Monja Grande (5100m)
Obispo est au centre de la photo, Monja Grande un peu derrière, tout à droite.
Le volcan de l'Altar est un réalité un imposant volcan dont l'ancien tour du cratère compte pas moins de 9 sommets dont le plus haut culmine à 5319m : l'Obispo. Ce sommet et son voisin : Monja Grande ( environ 5100m) sont ou étaient des classiques. Ces deux ascensions proposent les deux "voies normales" les plus techniques d'Equateur : cotation D(+) (D = Difficile) sur un terrain essentiellement glaciaire. Malheureusement avec l'assèchement de ces dernières années ces sommets ont bien changé et nous ne savons même pas si leurs ascensions sont encore réalisables...
Quoiqu'il en soit, le cadre est une merveille, un coin absolument sauvage où l'on découvre de nombreuses lagunes (lacs) de tailles diverses alimentées par de grandes cascades qui feraient rêver les meilleurs glaciairistes si il faisait plus froid. Ainsi rien que pour le trek, ce parc du Sangay peut offrir de fantastiques possibilités et malgré la déception de ne pouvoir assouvir nos désirs d'ascensions, cette approche nous aura fait découvrir un des coins les plus sauvages et reculés de la Sierra (région montagneuse d'Equateur).
Voir où ça se situe : cliquez ici.
Où dormir ?
- En ville :
Riobamba, capitale de la province du Chimborazo. Cette ville nous a rapidement charmé par sa vie, ses petites guargottes et ses gens plutôt aimable. Vous y trouverez une multitude d'hôtels tous standings.
- En montagne :
Il n'y a pas de refuge, bivouaque obligé. Le camp des Italiens est niché sur une arête aérienne entre deux lagunes vers 4600m d'altitude. Pour l'eau, il faut suivre l'itinéraire pour rejoindre le glacier. En fin de journée ou après les pluies, il y a un filet d'eau qui suffit à remplir les bouteilles à une dizaines de minutes. Sinon il faut aller jusqu'au glacier (une petite heure). Il y avait deux bonbonnes de 5L au camp. Peut-être serait-il judicieux d'en monter deux vides pour éviter les aller-retour.
Comment y aller :
Même si vous vous situez dans un parc il n'y a pas de péage... certainement trop peu de tourisme pour justifier un emploi de garde...
De Riobamba il faut rejoindre le village de Quimiag (bus). Après il faut trouver un pick-up (la piste est bonne mais un taxi pourra ponctuellement être un peu juste). Nous étions la veille à Quimiag chercher un pick-up pour le lendemain. Nous avons de suite trouver : 18 $ pour le lieu-dit "Boca Toma" ou "Inguisay" qui correspond à un petit barrage (terminus de route) : 1h.
De Boca Toma, traverser le pont puis couper à travers le premier champ pour récupérer un chemin au-dessus. Suivre ce chemin très boueux qui remonte le flanc gauche (rive droite) du vallon où coule le torrent que vous venez de traverser. Suivre le chemin, au bout d'une bonne de marche on rejoint un replat vers 3700m. Immédiatement après avoir dépasser un groupe d'arbres, il faut retraverser le torrent. En fouillant un peu, on trouve un arbre mort qui est couché en travers qui permet sans trop de péripéties de traverser sans se mouiller. Longer ensuite rive gauche et repérer un sentier en hauteur qui traverse. Le rejoindre en montant droit dans la pente (moins bien marqué). Dans cette traversée quelques passages sont franchements boueux. Si vous partez pour un trek, il peut être judicieux d'avoir une paire de bottes ! Vous arrivez ensuite sur une croupe mal marquée et sur le bord d'un grand replat. Repérer un col sur la droite (pas super marqué). Le rejoindre (de nombreuses traces et fin en sente). Col à 4200. Suivre ensuite l'arête vers le N (gauche). Bonne sente. Ne pas quitter l'arête (cairns) et arriver aux camps des Italiens (plusieurs places de bivouaques). 4600m. 4h
Il peut être plus que confortable de prendre un arriero, surtout si vous avez de gros sacs pour tenter les ascensions. Celui-ci vous portera les sacs mais fera du même coup le guide. Si la météo n'est pas très bonne il n'est pas forcément évident de se repérer : col dans le nuages, etc. Cela coûte environ 10 $.
Obispo
Itinéraire de l'ascension : photo-tracé : cliquez ici.
La "voie normale" est la voie des Italiens en rouge. Mais normalement le grand glacier inférieur rejoint quasiment la bande de neige suspendue et de même cette bande de neige est sensée se terminée par une goulotte pour rejoindre le glacier supérieur. Après la grande rampe est sensé être en neige. De grandes différences ! Sinon cotation D, 5 (une longueur au sommet), 80° max, 350m.
Quant à l'arête S, le rocher a l'air de qualité très médiocre. Cette impression a été confirmé par les chutes de pierres en-dessous. Enfin la voie dit "Ice-Fall", autrefois côté D+, présente aujourd'hui un grand et large pan de glace vertical, voire même surplombant...
Peut-être qu'à la sortie de la saison des pluies (juin) les faces sont plus chargés et en meilleur conditions. A en juger par les nombreux cairns qui guident l'accès au glacier et les fanions sur le glacier, ces itininéraires semblent avoir été fréquenté il n'y a pas si longtemps...
Monja Grande
Itinéraire de l'ascension : photo-tracé : cliquez ici.
Cet itinéraire bien que subissant le même problème d'assèchement (avant le sommet n'était pas rocheux mais recouvert d'une calotte...), il semble encore pratiquable...
Nous avons traversé jusqu'à son pied mais nous sommes arrivés au pied de la face dans le brouillard. Nous avons attend une demi-heure pour voir l'allure de la face de près avant de se lancer. Mais ça ne s'est pas découvert, il y a juste eu quelques chutes de pierres... Jusqu'au col, il ne semble pas y avoir de problème. Pour la suite, nous avons eu du mal à estimer la pente et nous ne savons pas trop... peut-être 55/60° au plus ou peut-être plutôt 80 (90° ?)...
Cotation D, 80° max. Une heure et demi pour arriver au pied et 300m de face.
L'arriero qui nous montera les sacs et nous quittera un peu sous le col. D'après lui, les chevaux ne montent pas plus haut à cause de la pente. Les traces de sabots nous prouveront que cela dépend aussi de la bonne volonté de l'arriero et donc de sa paie...
Le vallon à remonter. C'est en cet endroit qu'il faut traverser le torrent (3700m). Le camp est sur le fil derrière la montagne à gauche. Le col (4200) à rejoindre est sur la droite. Enfin nous avons fait un camp à la descente pour la couper. Car si un pick-up nous à monter nous ne savons pas comment nous allons rentrer et la piste est longue...
Le sommet d'Obispo nous apparaît le soir depuis le camp. Quelle déception !
Le fameux camp des Italiens dans une ambiance typiquement équatorienne...
Vue sur une lagune depuis le camp, alimenté par l'énorme glacier des Altars
Vue sur une autre lagune sous le camp, et il y en a encore d'autres !
Notre moyen de locomotion pour retrouver la vallée : le camion de lait. Celui-ci fait le fin fond de la campagne et récupère le lait directement chez les indiens. En même temps il charge les gens qui veulent descendre pour 1$... Ca vaut le coup de se renseigner sur son passage (jour et heure).